Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 20:08
Voici l'intégralité de l'entrevue qui a servi de base au cours de Georges Monti.

Cliquez ici pour lire l'article

à bientôt
Par Emma Zunz
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 11:56
voici l'article svm sur le livre électronique

copiez collez  http://dl.free.fr/ggCAjt6Fk

à bioentôt
Par Emma Zunz
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 13:06
1. Communication et expression
Fonds éditoriaux Deyts
Bureautique Ratsimba
Progiciel Ledru
Info réseau Ratsimba
PPP
Promotion Lux

2. Sciences humaines et sociales
Socio Vosgin
Théorie de l'info Lux
Eco et marketing Furette
Droit Dinclaux

3. Méthodes et pratiques professionnelles
Bibliologie OBB
Edition OBB
Librairie Martin
Système-livre Martinez
Connaissance des fonds Ohl ensemble

Module
Informatique Rodrigues

4. Travaux
Mémoire
Projet tuteuré
Stages

Merci à Lysiane pour ces informations
Par Emma Zunz
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 20:03
Sebastien

Le chant des pistes
En Patagonie
Oreille rouge

Camille
Du monde entier Blaise Cendrars
Journal d'Aran
Les 13 pas de Mo Yan

Elea
Les 13 pas
La course au mouton sauvage
Journal d'Aran
Equipée
Tour du monde d'un sceptique

Julie A
Le chant des pistes
Amours nomades

Agnès
Le chant des pistes
Le Dieu des petits riens
La maîtresse des épices

Hafed
La maîtresse des épices
Gibier d'élevage Kenzaburo Ôe
Amours nomade
Equipée

Maud
Equipée
Le convoi de l'eau
La course au mouton sauvage

Delphine
Ecuador
Le vide et le plein
La carte au trésor

Aurélie
Journal d'Aran
La course au mouton sauvage
Kafka sur le rivage

Astrid
La maîtresse des épices
Les enfants de minuit (Salman Rushdie)

Aline
Equipée
Le tour du monde d'un sceptique

Angélique
Journal d'Aran
Oreille rouge

Patricia
Journal d'Aran

Sophie
Le chant des pistes
En Patagonie

Arthur
Equipée
Oreille rouge
Ecuador
Les 13 pas

Julie L
Journal d'Aran.
Par Emma Zunz
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 09:46
Voici l'exposé de nos quatre filles dans le vents (mais toujours bien coiffées) Aurélie, Delphine, Muriel et Maud. Pour rappel cet exposé porte sur les pratiques culturelles des français (mis à part à moi qu suis un étranger selon un sociologue putain de diversité culturelle). à bientôt

Les nouvelles pratiques culturelles numériques des Français

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

              Depuis la fin des années 1990 les pratiques culturelles des Français intègrent de plus en plus des pratiques liées au numérique, cela grâce à la généralisation de l’accès à l’internet haut-débit, la dématérialisation des contenus, et les appareils multifonctions.

Aujourd’hui l’écran est un support privilégié de nos rapports avec la culture, on parle de « nouveaux écrans » pour désigner les activités liées aux ordinateurs, consoles de jeux, aux DVD, par opposition aux programmes regardés en direct à la télévision.

 

              Pour étudier ces nouvelles pratiques nous sommes parties d’un document publié par le Ministère de la Culture: Les pratiques culturelles des Français à l’ère du numérique, rédigé par Olivier Donnat. Cela nous a donné des pistes sur les différents éléments qui constituent les « pratiques culturelles numériques » des Français.

              Ainsi Muriel a travaillé sur ce document pour introduire le sujet et faire une synthèse sur les utilisateurs du numérique. Ensuite un des points importants est l’évolution de la presse électronique, étudié par Aurélie. Maud, pour sa part, a travaillé sur les relations entre les pratiques culturelles traditionnelles et les nouvelles pratiques numériques, et sur l’impact de ces pratiques numériques par rapport à notre manière de penser et Delphine s'est penchée sur le cas des plateformes de sociabilité.

 

Qui sont les utilisateurs du numérique?

 

              Tout d’abord, les pratiques culturelles liées au numérique nécessitent l’utilisation d’appareils spécifiques récents, tels que les ordinateurs, lecteurs mp3, consoles de jeux, qui sont assez onéreux et donc pas accessibles à tous.

De même pour internet, aujourd’hui c’est un peu plus de la moitié des Français qui disposent d’une connexion haut-débit à domicile.

 

              Les pratiques reflètent bien cette barrière financière, en effet les cadres supérieurs regardent la télévision 10 heures de moins en moyenne que les ouvriers, mais par contre passent 5 heures de plus qu’eux devant les nouveaux écrans.

              Cependant les limites de cette barrière financière évoluent rapidement, il est de plus en plus facile de s’équiper notamment grâce à l’importation. Par exemple actuellement un ménage sur cinq possède un home cinema alors qu’il s’agissait presque d’un équipement de luxe il y a seulement quelques années.

Concernant les utilisateurs il ya un phénomène d’opposition par rapport à la télévision puisque ce sont les jeunes et les milieux favorisés qui sont les principaux utilisateurs d’internet alors que la télévision attire plutôt les personnes âgées ou peu diplômées.

Globalement ce sont les catégories de population les plus investies dans le domaine culturel qui utilisent l’internet.

              On peut observer une légère disparité entre homme et femme: les hommes consacrent 4 heures de plus que les femmes aux nouveaux écrans, surtout les jeunes, ce qui s’explique par l’attrait pour les jeux vidéo.

 

              C’est donc dans la génération des moins de 30 ans, qui a grandi au milieu des multiples écrans et de la généralisation de l’internet haut-débit, que les pratiques culturelles liées au numérique sont le plus répandues. 

              Mais il ne faut pas généraliser excessivement le phénomène puisque près de la moitié des Français de 15 ans et plus n’utilisent pas internet dans le cadre de leur temps libre, ou si intéressent très faiblement.

 

La presse électronique

 

              L'évolution des pratiques culturelles numériques des Français se mesure en grande partie par l'utilisation d'Internet et notamment de la presse électronique. Beaucoup diront que ce deuxième support détruit la presse papier et fait baisser son marché. Mais le problème est plus complexe que cela. Il faut étudier plusieurs facteurs, l'utilisation d'Internet par les Français mais aussi comment se sont adaptés les journaux par rapport aux pratiques; comme le souligne Marc Tessier dans son rapport La presse face aux défis du numérique : « L'irruption des technologies numériques est en passe de bouleverser non seulement l'économie des médias, mais aussi leurs modes d'organisation, leurs structures et leurs contenus. »

 

              Le premier site d'un média traditionnel à avoir été ouvert est celui du Monde diplomatique en 1994, suivi de Libération l'année suivante. C'est à partir de 1998 qu'une « bulle internet » se crée, les sites de journaux en ligne se multiplient mais tous les français ne sont pas encore équipés. De plus, les connexions haut débit sont encore minoritaires. C'est quasiment dix ans plus tard, vers les années 2006-2007 que le réseau s'est grandement développé. Il implique avec lui de nouvelles pratiques, les blogs, un accroissement du multimédia, des articles et des commentaires d'internautes sur ces sites de presse en ligne. Ce nouvel élan va se nommer le Web 2.0, ou le Web participatif. L'information n'est plus simplement traitée par les journalistes mais elle est aussi commentée et analysée par les internautes. Les contenus personnels des sites de vidéos type Youtube et Dailymotion s'amplifient, et on parle de journalisme citoyen. Les Français veulent un support Internet où il peut être juge et partie, et ne plus être le simple témoin de l'actualité. C'est sur ce principe que fonctionne le site Rue 89, qui pour ses créateurs, est un « travail journalistique d'une rédaction avec la participation d'experts et d'internautes. [1]». Cette technique n'est pas différente en soi de celles de la radio et de la télévision dans les années 80. Mais ces techniques utilisées sur le net sont plus en accord avec la nouvelle génération qui possède cette culture. Rue 89 possède aujourd'hui plus de un million de visiteurs, alors qu'il a été lancé il y a à peine trois ans. Il réalise un quart de l'audience des sites du Monde ou du Figaro, la moitié de celui de Libération. Cela signifie aussi que l'importance des sites d'information qui ne relève pas des médias traditionnels prennent de l'ampleur. Les gens commencent à faire confiance en des moyens d'informations qui sont purement numériques.

 

              Du côté des journalistes, l'adaptation est aussi faite. On peut noter une professionnalisation des journalistes sur internet. Certains se spécialisent sur ce support et se font connaître par ce biais. En 2007, Marc Tessier rend un rapport au ministre de la culture et de la communication de l'époque: Renaud Donnedieu de Vabres sur La presse face aux défis du numérique. Il souligne le fait que ce média a besoin de se réinventer de l'intérieur, il va avoir besoin « d'être à jour de manière permanente, jouer de l'interactivité avec les internautes et saisir toutes les possibilités nouvelles qu »offre l'apparition de nouveaux modes opératoires sur le web, la téléphonie mobile, et les supports I-pod. » Il affirme la nécessité de consolider les capacités financières des entreprises de presse mais de garder la déontologie journalistique face aux dangers d'Internet. En plus de cela il serait envisageable d'établir un système de rémunération différents pour les journalistes « plurimédia ».

              La lecture est aussi adaptée au support, car si les articles sont longs, ceux pour internet sont plus courts. Ces faits sont aussi dus aux changements de lecture. Si la presse papier est en baisse c'est aussi parce que les gens ont pris des habitudes de lecture différentes. Le livre est également en baisse. On ne peut pas dire si les français lisent moins, mais il veulent accéder à une information plus directe, soit par internet, soit par la presse gratuite avec des journaux comme Métro ou 20 minutes. Les articles sont plus courts et permettent une lecture dans des lieux où les journaux en ligne sont aujourd'hui très lus, le lieu de travail. Même si ces sites ne sont pas forcément les seuls responsables de la baisse des médias papiers, on peut constater qu'ils sont aussi complémentaires de ces derniers, ils représentent aussi un nouveau lectorat, tout comme les suppléments (magazines ou autres) des journaux. Selon une étude de l'ÉPIQ (Étude de la presse quotidienne) datant de 2006[2], l'audience des sites internet des journaux quotidiens et de leurs suppléments a été étudiée et mesurée. À cette période, on y apprends que ces deux éléments rajoutent 13, 7 millions de lecteurs pour un jour moyen, le quotidien L'Équipe est eelui qui en bénéficie le plus. Les sites internet des journaux qui marchent le plus sont ceux du Monde, de Libération, des Échos, et de La Tribune. « Ce sont ceux qui ont le plus réussi leur page Web » annonce un éditeur de presse. Ce palmarès est quasiment le même lorsqu'on regarde les ventes des journaux papiers. De moins en moins de français lisent le journal quotidiennement, tout comme nous pouvons constater que de moins en moins de français lisent tout court. Sur cent français, 36 lisaient le journal tous les jours en 1997, en 2008, seulement 29 personnes le font. La baisse est la même sur la lecture de livres. Sur les français qui ont lu en 2008, toujours comparé à 1997, le lectorat est passé de 74 à 70 lecteurs.[3] C'est aujourd'hui les gens les plus vieux qui lisent le plus les quotidiens tous les jours, la tranche de 15-24 ans a perdu la moitié de ses lecteurs depuis 1997.

              Mais la nouvelle génération, celle qui est née avec internet, est de moins en moins prête à payer pour avoir accès à l'information. Ainsi les supports numériques dont elle dispose doivent lui fournir tout ce qu'elle souhaite gratuitement. Car si l'on parle de baisse des quotidiens papiers, il est nécessaire de stipuler qu'il s'agit de la presse payante. Des habitudes qui semblent pousser des sites à aller vers une information brute, donnée de plus en plus rapidement, une information dont la source n'est pas toujours vérifiée.

 

              On note ainsi de nouvelles pratiques sur la presse électronique tant au niveau du lectorat que des journalistes, un côté influençant l'autre et inversement. Ainsi plusieurs facteurs font évoluer le support, qu'ils soient techniques avec des accès internet haut-débit, culturels avec le web participatif ou générationnels avec des jeunes qui sont nés avec les images .

 

 

Articles sources

 

« Le journalisme en ligne: transposition ou réinvention ?» in Esprit, mars-avril 2009.

« Comment le numérique bouleverse le monde ?» in Sud-Ouest, p.10 du 14 mai 2009

« Les quotidiens tirent profit de leurs sites internet » in Le Monde, 7 mars 2007

Libération, 15 décembre 2005

« La presse face aux défis du numérique. » in Culture gouvernement, numéro 146, mars 2007.

Khaled Zouari, La presse en ligne : vers un nouveau média ?:   http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/27/54/51/PDF/zouari07.pdf

Olivier Donnat, Les pratiques des français à l'ère du numérique, Éléments de synthèse 1997-2008: publié sur le site de ministère de la culture:

http://www.culture.gouv.fr/mcc/Actualites/A-la-une/Les-pratiques-culturelles-des-Francais-a-l-ere-numerique-enquete-exclusive

 

Les conséquences de ces nouvelles pratiques numériques sur notre rapport à la culture – Le  rapport de ces nouvelles pratiques numériques avec les pratiques traditionnelles de la culture.

 

              Ces pratiques culturelles numériques qui ont vu leur avènement avec l'essor d'internet ont mené à l'émergence de ce que Jean-François Dortier désigne sous le nom de « troisième culture »[4]. Jean-François Dortier avance l'idée que nous sommes face à « une révolution symbolique » qui pourrait être aussi profonde que celle de l'invention de l'écriture ou de l'imprimerie. Il y évoque la « transformation des institutions de savoir d'une part, [le] changement cognitif d'autre part, [qui]  sont les grands bouleversements engendrés par l'écriture. » Son questionnement est le suivant :  Internet et le Web auront-ils des effets similaires sur la pensée ? Peuvent-ils eux aussi « bouleverser les dispositifs de production et de diffusion du savoir, changer le travail intellectuel et transformer de fond en comble la lecture ? » Cette « troisième culture » s'affirme aux côtés des autres pouvoirs culturels (la culture académique et celle des médias). Nous assisterions en fait à l'avènement d'un tiers état culturel, avec l'essor des sites personnels et associatifs, les forums, les blogs, les wiki, etc... qui offrent un nouvel espace public pour l'expression des idées, opinions et créations personnelles jusque-là cantonnées à la sphère privée. Cette « troisième culture » suscite des réactions et analyses diverses : certains voient en elle une nouvelle « démocratie cognitive » tandis que d'autres s'inquiètent des dangers d'une « sous-culture Web » qui nivellerait tout sur son passage.

              Ce rapport à nos capacités cognitives est notamment évoqué dans l'article de Frédérique Roussel « La pensée éparpillée par la toile »[5]. Elle y interviewe le journaliste Nicholas Carr (ancien rédacteur en chef de l'Harvard Business Review), qui estime que l'usage intensif d'Internet modifierait nos comportements de travail intellectuel et dégraderait nos capacités cognitives. Internet aurait des incidences sur nos capacités de concentration, qui s'en verraient amoindries. Il rappelle que « de nombreuses études montrent que l'hypertexte, le multimédia et les interruptions inhérentes au Web rendent plus difficiles la concentration, la mémoire à long terme, la compréhension et la synthèse de concepts difficiles. [...] toute technologie de l'information, ou média, non seulement restructure notre pensée, mais tend à restructurer nos cerveaux. » Avec l'avènement d'Internet et des nouvelles pratiques culturelles qui y sont associées nous sommes confrontés à une mutation cognitive, qui a pour conséquence que « notre conscience s'amollit et [que] nous commençons à perdre notre profondeur culturelle, en tant qu'individus et en tant que société. » Nicholas Carr craint une uniformisation de nos modes de pensée : « À mesure que nous devenons de plus en plus dépendants d'Internet, nous commençons à penser sur les mêmes schèmes, sur les mêmes modèles de fonctionnement. À mesure que nous nous servons des ordinateurs comme intermédiaires de compréhension du monde, je crains que notre propre intelligence ne devienne artificielle. » Ainsi, nous sommes de moins en moins capables de nous concentrer pendant longtemps sur la lecture d'un livre de la même façon que nous l'étions il y a peu. Cela est dû au fait qu'internet produit une modification de nos esprits pour les rendre plus aptes au traitement de nombreux petits morceaux d'information, rapidement et simultanément. Internet produit des informations fragmentées et nous rend incapables de nous concentrer sur un bloc d'informations, ce qui a un impact non négligeable sur le rapport que nous entretenons avec la culture.

              Ingeburg Lachaussée dans l'article « [Sens] [Public], les médias électroniques et la culture »[6], évoque le risque d'une « fracture culturelle [...] qui tient à l'uniformisation médiatique et la différence d'accès aux nouveaux médias (il existe en effet une réelle « fracture numérique, dans la mesure où seule la moitié de la population française dispose d'une connexion à internet à domicile). Un constat s'impose : d'un côté, une élite cultivée qui maîtrise les contenus culturels lui donnant accès à des postes clé dans la société et, de l'autre côté, de plus en plus de gens incultes, démunis du savoir-faire culturel qui leur permettrait de s'exprimer, de dialoguer et de s'intéresser à la société dans laquelle ils vivent. »  Mais les nouvelles technologies, si elles sont utilisées à bon escient, peuvent permettre un renouvellement des formes culturelles contemporaines, en changeant profondément le rapport à la culture : ainsi, « la presse électronique culturelle représente une pratique journalistique nouvelle qui inclut aussi des processus de création dépassant le journalisme traditionnel », par la mise en place de plateformes où ce sont plusieurs participants qui co-écrivent le contenu d'un article.

 

 

              Comment les nouvelles formes d'accès en ligne à la culture s'articulent-elles avec la consommation des anciens médias (la télévision, la radio) ou les pratiques culturelles « traditionnelles » (c'est-à-dire par exemple aller au cinéma, au théâtre, aller voir un concert, mais aussi lire un livre, écouter de la musique, etc...) ?

              La dématérialisation des contenus, la généralisation d'internet et les progrès considérables de l'équipement des ménages en ordinateurs, consoles de jeux et téléphones multimédias ont profondément changé les conditions d'accès à l'art et à la culture. De fait, selon Olivier Donnat, « cette évolution a définitivement consacré les écrans comme support privilégié de nos rapports à la culture tout en accentuant la porosité entre culture et distraction, entre le monde de l'art et ceux du divertissement et de la communication. Avec le numérique et la polyvalence des  terminaux aujourd'hui disponibles, la plupart des pratiques culturelles convergent désormais vers les écrans ». C'est une véritable « culture d'écran » qui s'est instaurée parmi les autres pratiques culturelles ; et il est à noter que cette « culture d'écran » concerne en priorité les catégories de population les plus investies dans le domaine culturel, allant de pair avec la fréquentation des lieux culturels dits « traditionnels » et la lecture d'un nombre important de livres – ce qui va à l'encontre de ce que l'on avait pu constater pour la consommation de programmes télévisés dans les années 1980-1990, qui correspondait à un faible niveau de participation à la vie culturelle. « Culture d'écran » est donc à prendre au sens  littéral de culture, en ce qu'il implique une véritable démarche intellectuelle. Elle concerne en règle générale la partie de la population la plus diplômée. Ainsi, la tranche de population qui ne fréquente aucun équipement culturel ou très peu (il s'agit de plus de la moitié de la  population française) ne manifeste aucun intérêt pour la culture en général, lit peu de livres, écoute peu de musique, et son immense majorité n'a jamais utilisé internet ou très peu, tandis que son mode de loisir reste centré sur la télévision. Un quart des Français manifestent un intérêt plus marqué pour la vie culturelle : ils sont amenés à visiter des lieux d'exposition ou de patrimoine, mais cela reste occasionnel, et ils ne fréquentent que très peu les bibliothèques et les lieux de spectacles. Seul un quart des Français fait preuve d'un intérêt véritable pour la culture et a un mode de loisir tourné vers l'extérieur du domicile, constituant ainsi la grande majorité des usagers des établissements culturels.

              La fréquentation des équipements culturels « traditionnels » reste relativement stable : de fait, le temps supplémentaire passé devant les écrans n'a  pas modifié les habitudes des Français en matière de fréquentation des équipements culturels – tandis qu'il a eu des effets néfastes sur l'écoute de la télévision ou sur la lecture d'imprimés. En général, l'âge moyen des publics des équipements culturels a eu tendance à augmenter : du fait de l'accroissement du poids des seniors dans la population française et de leur mode de loisirs plus tourné vers les sorties, mais aussi parfois à cause d'une certaine désaffection des jeunes. Ce vieillissement du public est remarquable notamment pour les concerts de musique classique mais aussi pour le cinéma en salle : il s'agit donc d'une tendance générale.[7]

 

              Ainsi, il ressort de la lecture de ces divers articles et études que si l'impact de ces nouvelles technologies sur les pratiques culturelles des Français n'est pas à négliger, il reste néanmoins à relativiser. De fait, il semblerait que les publics de la culture ne privilégient pas particulièrement les usages culturels en ligne, car  la plupart d'entre eux étaient déjà adultes quand internet a conquis les foyers, si bien que leurs pratiques numériques se sont glissées dans leurs habitudes culturelles davantage par complémentarité que par substitution. Cependant, il est judicieux de s'interroger sur les pratiques à venir des générations qui font aujourd'hui vivre ce qu'Olivier Donnat appelle l'« internet juvénile » et qui construisent leur univers culturel largement à partir de la culture numérique.

 

 

Plateformes de sociabilité

 

              Qu’entend-t-on par nouvelles pratiques culturelles numériques ? Faut-il y intégrer les plateformes d’expression individuelle comme les blogs ou Facebook ? Internet représente un lien social, un nouveau moyen de communication. Les plateformes de sociabilité comme Facebook ou les blogs ont connu une telle expansion  durant ces trois dernières années qu’elles méritent d’être analysées.

              Les nouvelles pratiques culturelles numériques sont gouvernées par trois axes principaux : s’informer, se distraire et communiquer. Le phénomène Facebook et des blogs synthétisent ces trois axes. Entre lieu d’information, outil de communication et divertissement, ces nouveaux outils utilisés de manière quotidienne par leurs utilisateurs connaissent une croissance exponentielle. Selon les communiqués de Facebook, 200 millions d’utilisateurs fréquentent régulièrement la plateforme. Selon Loïc Le Meur, pdg de Six Apart, en 2006 il y avait déjà  deux millions de blogs actifs en France. Leur croissance significative et leur utilisation quotidienne font qu’ils méritent d’être analysés en tant que nouvelle pratique numérique des français. La couverture médiatique dont ils font l’objet montre et renforce encore leur ancrage dans la société d’aujourd’hui. Les quotidiens et les magazines, quels que soient leurs publics, semblent avoir tous consacré au moins un article sur le sujet. Cependant peut-on réellement parler de pratique culturelle ? Quelles conséquences ces nouveaux outils ont-ils sur la réception de l’information ? La diversité des utilisateurs et des utilisations de ces plateformes complique encore la question.

              Créée en 2004 par Mark Zuckerberg, Facebook est à l’origine destinée aux étudiants d’Harvard. Rapidement, la plateforme sort du cercle privé et sert de lieu d’échange d’information et de communication avec ses amis. En 2007, il se hisse à la septième place des sites les plus visités dans le monde. En 2008, il devient le numéro un des réseaux sociaux en France et un média individuel indispensable pour les jeunes. Le succès de ce site de socialisation Facebook réside certainement dans les aspects ludiques de l’interface et dans son interactivité. L’utilisateur peut créer des groupes, initier des évènements, renforçant encore le sentiment de convivialité. Apparus aux Etats-Unis à la fin des années 1990, les blogs connaissent un rapide succès chez les adolescents en France avec l’apparition de la plateforme Skyblog. Issu de l’expression « web log », qui signifie journal. Le blog est avant tout un site web qui se présente comme un journal mis à jour quotidiennement, qui met en ligne articles, photos, liens dans l’ordre chronologique. Interactif, il permet au lecteur de réagir en laissant des commentaires. Polymorphes, ils s’adaptent à leurs utilisateurs. En 2008, la plateforme Skyblog compte environ 28 millions de blogs. Huit bloggeurs sur dix auraient moins de 24 ans.

              De nombreux articles accusent ces nouveaux outils d’égocentrisme et résument leur vocation à l’autoreprésentation. La sphère privée devient publique, entraînant des dérapages concernant notamment des insultes aux enseignants. La profession s’inquiète de cette « génération de la transparence » qui ne semble plus distinguer ce qui relève du privé.  Cet exhibitionnisme des jeunes est tempéré par des analyses moins alarmistes. Il aurait en effet toujours existé chez les adolescents mais il devient aujourd’hui visible. Selon Olivier Trédan, chercheur en sciences sociales, ces nouveaux outils dont ils disposent  mettent en avant un besoin d’affirmation individuelle qui préexistait. Cette pratique tournée vers l’entre-soi recrée des communautés proches de relations de voisinage. Lieu de mémoire du groupe d’amis, le blog répond aux besoins de partage et de validation par ses pairs. Dans cette perspective, le blog n’est pas une révolution mais une continuité des pratiques.

              Face au succès de ces plateformes, les professionnels ont rapidement compris le potentiel de diffusion d’informations. L’hypertextualité, la mise à jour quotidienne d’actualités et la facilité d’utilisation accélèrent la circulation de l’information. Devenus nouveaux médias de masse, la blogosphère et Facebook sont désormais investis par le monde politique et culturel. Les blogs d’entreprises se multiplient,  ils facilitent et modernisent la communication avec la clientèle en la rendant plus conviviale. Les personnalités politiques possèdent leurs pages Facebook et leurs blogs pour rester en contact avec les militants et diffuser leurs idées. La presse a également investi ces nouveaux médias : tous les quotidiens d’importance, comme Le Monde, ont un compte sur Facebook ou un blog rattaché. Aujourd’hui, certains blogs sont devenus des prescripteurs en matière de culture ou des lieux d’expression explorés par les écrivains. Eric Chevillard et son Autofictif inaugure une nouvelle forme de correspondance et joue à être critique littéraire. Chloé Delaume parle de son site comme « le prolongement de [son] bureau » et comme sa mémoire. L’avis de Pierre Assouline sur la vie littéraire dans La République des lettres est consulté quotidiennement par des milliers d’internautes. Le pouvoir prescriptif des blogs est difficilement quantifiable mais pourtant réel à en croire certains acteurs de la vie culturelle comme le montre l’article de La Scène.

Cette place grandissante dans le système de l’information inquiète la profession. En effet, la démocratisation absolue du statut de « journaliste citoyen » entraine une confusion des genres. Chacun peut ainsi faire partager son point de vue sans respect des trois piliers du métier de journaliste : distanciation, objectivation et recoupement des sources laissent place à une totale subjectivité sans déontologie. Devenus source d’information alternative, les blogs alimentent la crise de confiance qui frappe les médias traditionnels.  

       En définitive, les blogs font désormais partie intégrante des pratiques culturelles numériques des français. Au carrefour de l’expression personnelle et de lieu d’information, ils font dans certains cas figure de relais culturels. Accentuant la crise des médiations, ils proclament la légitimité absolue de la subjectivité.  

 

Articles :

Le Monde, Les blogs : info ou influence ?, 7/03/2009

Télérama, Quels blogueurs ces écrivains, 25/02/2009

Télérama, Débats interdits, 8/11/2009

La Scène, Les blogs toujours plus prescripteurs, septembre 2008

Le Nouvel observateur, La confusion des blogs, novembre 2005

Courrier international, Enfants de Montaigne et fans de blogs, 7/12/2006

Courrier international, Quand les quotidiens s’aventurent dans la blogosphère, 4/01/2007

 

Conclusion

 

              Ces pratiques ont bien sûr un impact sur la lecture. Mais peut-on relier la baisse de la fréquentation des équipements culturels à la « culture d’écran » ? Internet apparaît comme un instrument plus attractif : variété de l’information, possibilité de communication, accès depuis le domicile, impression de gratuité. Les citoyens, habitués par internet à choisir eux-même leur information sont sans doute moins disposés à se soumettre aux choix faits pour eux. Internet a donc accéléré la crise de la médiation. Il a généré une habitude d’intéractivité, notion qu’il faut désormais prendre en compte dans la question de la lecture publique. L’irrésistible montée de la culture d’écran a contribué à faire du chez soi un lieu privilégié de distraction et d’accès à la culture. Si les séniors lisent autant, la lecture chez les jeunes s’effondre. La part de non-lecteur ne cesse d’augmenter. La lecture de livres devient une notion de plus en plus sexuée, les genres littéraires sont majoritairement féminins.  Cependant, Olivier Donnat souligne qu’il n-y a pas de baisse des actes de lecture. En effet, Internet reste avant tout un média de l’écrit. Les 18-30ans, représentant plus de 10 millions d’habitants, se détournent peu à peu du livre au profit d’autres formes de divertissement. Le problème est aujourd'hui de savoir comment ramener cette tranche importante de la population vers la lecture quitte à lui proposer des supports plus adaptés à sa génération.  L’importante couverture médiatique lors de la sortie de ce nouveau rapport d’Olivier Donnat prouve qu’il était très attendu. Ces constatations sont importantes pour pouvoir aller de l'avant et trouver des solutions à ces baisses multiples.

 

 

 

 

 


[1]Laurent Mauriac et Pascal Riché in Esprit, mars-avril 2009

[2]Résultats publiés dans l'article du Monde du 7 mars 2007, « Les quotidiens tirent profit de leurs sites internet. »

[3]Données de l'étude d'Olivier Donnat sur Les pratiques culturelles des Français à l'ère du numérique.

[4]Article « La troisième culture » paru dans la revue Sciences Humaines d'octobre 2007.

[5]Article « La pensée éparpillée sur la toile » paru sur « Écrans.fr » le 29 mai 2009.

[6]« [Sens] [Public], les médias électroniques et la culture » in Culture Europe numéro 45, hiver 2005-2006.

[7]L'ensemble de ce développement s'appuie sur l'étude d'Olivier Donnat Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique. Éléments de synthèse 1997-20

 

Par Emma Zunz
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